15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 14:25



The Cramps sont un groupe de musique américain formé en 1975 et toujours en activité. Tout au long de leur longue carrière, bien qu’ils aient été classés dans différentes catégories par leurs fans et par les journalistes musicaux au gré des modes, ils se définissent eux-mêmes comme un groupe de Rock and roll, dans le son comme dans l’esprit, le terme de Psychobilly auquel ils sont généralement associés désignant plus précisément une scène anglaise, influencé par eux, mais dont les principaux instigateurs restent véritablement les Meteors. Les Cramps s'inscrivent bel et bien dans une tradition américaine du rock'n'roll, singuliers dans la fusion qu'ils font de trois genres pourtant bien distincts: le rockabilly, le garage-punk et le psychédélisme, tous trois issus de la contre-culture américaine également.
Leur but initial avoué était de réaliser le croisement entre Carl Perkins et The Shadows of Knight. La recette de base est simple : Une bonne dose de rockabilly (Carl Perkins), de 60's punk (Shadows of Knight), un soupçon de psychédélisme, de l'énergie Punk, ajoutez à cela de la drogue, du sexe, de l’horreur de série B, secouez le tout et le tour est joué.


L’histoire des Cramps est l’histoire du couple Lux Interior et Ivy Rorschach et l’origine des Cramps est leur première rencontre en 1972 à Los Angeles où Lux, alors appelé Erik Lee Purkisher prend en stop Ivy Rorschach. Ils se découvrent une passion commune pour la sous-culture des 45 tours rock’n’roll rares et obscurs, les films de série B et tout ce qui est Trash, bien avant que cela soit la mode. Fatigués des insultes des hippies du voisinage chaque fois qu’ils sortent en ville, ils décident de retourner à Akron, où Lux est né. D’Akron, ils font souvent le voyage de 9 heures de route vers New York pour voir les Ramones en concert au CBGB, club maintenant mythique de New York, berceau du mouvement punk. Ils décident de former The Cramps,  choisissant ce nom   parce qu’il évoque la douleur violente.


En septembre 1975, ils font le grand pas et déménagent à New York où Lux travaille chez un disquaire et Ivy dans un club. Le collègue de Lux, Greg Beckerleg est par coïncidence aussi quelqu’un avec les mêmes goûts bizarres et il est né le même jour qu’Ivy. Les trois sont faits pour s’entendre. Lorsque Greg entend parler du projet Cramps il demande à en faire partie. Le lendemain il revient avec une guitare d’occasion dont il ne sait pas jouer, et le pseudonyme de Bryan Gregory. Il leur manque un batteur, problème rapidement résolu par Brian Gregory d’un coup de fil à sa sœur Pamela Beckerleg. Celle-ci se propose pour le poste, même si elle n’a aucune expérience en la matière et joint le groupe sous le nom de Pam Balam. Le fait que les Cramps n’avaient pas de bassiste attitré a attiré l’attention à leurs débuts. En fait bien souvent Bryan Gregory jouait des parties de basses sur sa guitare. Pam Balam jette l’éponge peu après durant l’été et est remplacée par Miram Linna. Leur premier concert se fait au CBGB le 1er novembre 1976 en première partie de The Dead Boys. L’inexpérience les fait équiper leurs guitares de cordes neuves et donc jouer le concert désaccordé. Le patron du CBGB leur interdit de remonter sur scène.Les concerts suivants au Max Kansas City, autre club mythique de New York, se passent mieux et attirent la sympathie des Ramones qui leur permettent de revenir jouer au CBGB. Vers le milieu de 1977, Miriam Linna quitte le groupe et est remplacée par Nick Knox. Leur premier enregistrement, sorti en 1978 sur leur propre label Vengeance Records, est un 45 tours,’The Way I Walk’’, bientôt suivi de ‘’Human Fly’’. Ces titres apparaissent sur le mini-album ‘’Gravest hits’’.


En 1979, ils sont signés sur IRS.Ils enregistrent à Memphis avec Alex Chilton aux commandes en tant que producteur l’album ‘’Songs the Lord Taught us’’ qui sort début 1980. Brian Gregory quitte alors à son tour le groupe en mai 1980, non pas pour rejoindre un culte de sorcellerie comme le prétendit IRS pour des raisons publicitaires, mais pour former un autre groupe avec une copine. Les Cramps déménagent alors pour Los Angeles. Ils remplacent Bryan Gregory par Brian Tristan, alors guitariste du Gun Club que Lux et Ivy rebaptise Kid Congo Powers. La nouvelle formation enregistre ‘’Psychedelic Jungle’’ qui sort en 1981. Le son est moins violent que pour le premier album et les rythmes sont en général plus lents. Mais la démence reste présente, plus larvée que frénétique. Le disque comme le précédent, balance morceaux originaux avec reprises 50’s Rockabilly et 60’s Punk. L’album est aussi le début des problèmes avec la maison de disque et entament des   procédures légales contre celle-ci.

En 1983, IRS sort l'album Off The Bone. Les Cramps quant à eux sortent Smell of Female dans le circuit des labels indépendants (Big Beat, New Rose, ...). Ce disque Live enregistré à New York au Peppermint Lounge, est aussi la fin pour Kid Congo Powers qui n’est plus en état de jouer dans les Cramps et qui retourne rejoindre le Gun Club. Il est temporairement remplacé par Ike Knox, un cousin de Nick Knox qui ne restera pas.

L’album ‘’A date with Elvis’’ est enregistré en 1985 en trio, Ivy posant avec une perruque sur la pochette du disque comme bassiste.Candy del Mar les rejoint en 1986. Elle est bassiste et contrairement à nombre des membres précédents, elle sait jouer de son instrument. Les Cramps ont maintenant une section rythmique qui tient la route.En 1990, Nick Knox quitte à son tour le groupe.
Les membres s’échangent et les albums s’enchaînent au cours des années 1990 et les Cramps ne génèrent plus d’intérêt que pour un groupe de fans qui diminue au fil des années. Il faut attendre le début des années 2000, avec le retour d’intérêt pour le Rock garage pour que leur importance soit reconnue et qu’un public plus nombreux, toute proportion gardée, revienne vers eux.





            



        

           www.thecramps.com

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 08:20


Russ Meyer 1922 - 2004


Il naît le 21 mars 1922 à San Leandro, près d'Oakland, en Californie d'un père policier et d'une mère infirmière. Lydia, sa mère, d'origine allemande l'éleve seule. En 1936, à l'occasion de ses 14 ans, elle lui offre une caméra Univex 8 mm et commence très jeune à tourner des films amateurs, pour remporter ses premiers prix dès l'âge de 15 ans. Mais la puberté et l'adolescence arrivent bientôt et avec elles leur lot d'émois, de frustration et de fantasmes. A l'époque, Russ Meyer, plutôt timide avec les filles et pas vraiment en avance sexuellement, lit assidûment les bandes-dessinées de Al Capp, les « Lil' Abner Stories » qui racontent les aventures d'un mâle, stupide et musclé et de sa sculpturale épouse, Daisy Mae. À la fin de son adolescence, Russ Meyer commence à fréquenter assidûment les shows « burlesques ». Ce sont ses premiers « émois personnels ». Spectacle gentiment érotique mêlant musique, danse, sketches et strip-tease, le « show burlesque » détourne avec humour le folklore de la pin-up.


En 1942, il est incorporé dans une unité des actualités hebdomadaires filmées de l'US Army. Sa compagnie est bientôt placée sous le commandement du général Patton. Russ Meyer accoste sur les côtes françaises à Omaha Beach en Normandie, le 6 juillet 1944 et filme le débarquement de la IIIe armée américaine. En août 1944, il va connaître sa première expérience sexuelle grâce à Ernest Hemingway qui l'emmène dans une maison close de Rambouillet où, à 22 ans, il se fait dépuceler. Affecté à la 2e division blindée du général Leclerc, il entre dans Paris le 25 août 1944. Certaines de ses prises de vue seront utilisées 25 ans plus tard dans le film Patton de Franklin J. Schaffner. Après la libération de la capitale française, il fonce vers l'Est avec l'armée de Patton, participe à la Bataille des Ardennes, pénètre en Allemagne en février 1945 où il photographie les camps de concentration avant d'atteindre la Tchécoslovaquie.


Démobilisé, Russ Meyer revient chez lui à Oakland le 14 décembre 1945. En 1946, il réussit à entrer dans une société de productions de films industriels. Parallèlement, Meyer approfondit ses connaissances du « show burlesque ». Il prend alors des photos d'une jeune femme, Eve, qui devient bientôt son modèle favori puis sa petite amie et enfin sa femme. En 1955, deux ans après la création du magazine Playboy, la Playmate du mois de juin est une certaine Eve Meyer photographiée par son mari.

Après un court documentaire intitulé The French peep show, réalisé en 1950, il entame une carrière de cinéaste marginal et se distingue dès sa première œuvre de fiction, The Immoral Mr. Teas (1959), film muet de 63 minutes en couleurs, sorte de « Les Vacances de monsieur Hulot perverti ». Russ Meyer vient d'inventer un genre nouveau, le « nudie ». Le film rapportera plus d'un million de dollars soit 40 fois son coût de production. Russ Meyer tourne dans les trois ans qui suivent 4 nudies.

Grâce au million de dollars de recettes engendré par ce long métrage, il finance lui-même ses réalisations suivantes. Avec Le Désir dans les tripes (1965) et Faster, Pussycat! Kill! Kill!, il impose son propre style : l'exploration d'une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée.


À la fin des années 1960, Russ Meyer se trouve à la croisée des chemins. D'un côté, les films pornographiques commencent à faire leur apparition dans certains sex-shops de San Francisco. De l'autre, la nudité est devenue habituelle dans les films classiques. Refusant d'entrer dans le monde du X mais incapable d'engager des stars pour ses films à petit budget, Russ Meyer contre-attaque avec Vixen. C'est avec ce film qu'il va connaître ses plus grave démêlées avec la justice. Ce film va lui rapporter 15 millions de dollars US pour un budget de 72 000 $, mais va surtout lui ouvrir enfin les portes d'un grand studio d'Hollywood. Il met en scène pour la Fox La Vallée des plaisirs (1970), l'histoire d'un groupe de rockeuses (The Carrie Nations) prêtes à tout pour réussir à Hollywood, film qui connaît un beau succès puis The Seven minutes (1971), un drame interprété par John Carradine sur le procès d'un écrivain accusé de pornographie, mais ce film va être un véritable bide.


Commence alors une traversée du désert qui va durer trois ans. Puis Russ Meyer renoue avec son univers de nymphomanes vengeresses à travers les « kitchissimes » Supervixens (1975), MegaVixens (1976) et Ultravixens (1979). Avec sa façon folle de délirer, le cinéma n'est qu'une mise à sac des clichés de la série B hollywoodienne, une sorte de soulagement.


A la fin des années 1970, Russ Meyer travaille au script d'un film avec les Sex Pistols et Marianne Faithfull, Who Killed Bambi?, qui après huit versions de scénario, vois le tournage commencer en octobre 1977 en Angleterre, mais sera interrompu au bout de trois jours pour des raisons obscures.

Dans les années 1980, il délaisse la caméra pour la plume, écrivant notamment son autobiographie (A clean breast). En 1999 il fait reparler de lui en portant plainte contre sa compagne, Debra Angela Masson, pour violence conjugale. Il meurt chez lui, à Hollywood Hills, des suites d'une pneumonie et atteint de la maladie d'Alzheimer.

                                                                        

 
       
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 20:27





Robert CrumbFor four decades, Robert Crumb has shocked, entertained, titillated and challenged the imaginations (and the inhibitions) of comics fans the world over. In truth, alternative comics as we know them today might never have come about without R. Crumb’s influence — the acknowledged “Father” of the underground comics could also be considered the “Grandfather” of alternative comics.

Crumb’s earliest cartoons were inspired more by the work of Carl Barks and Walt Kelly than the superhero comics enjoying their first wave of popularity at the time of Crumb’s childhood in the late ’40s. The man who once admitted to being “sexually aroused by Bugs Bunny” at the age of 5 began honing his skills drawing his own versions of “funny animal” comics with his brothers, Max and Charles. These early efforts included the first incarnation of Fritz the Cat — after whom, years later, the concept of “funny animals” would never be the same.

In his teens, Crumb came to realize the incompatibility between the values espoused by his parents’ generation (and most of his peers) and his own. His admitted inability to “fit in” would enable him to develop the ability to question concepts such as conformity, normalcy — and sexuality. Meanwhile, his taste in sex objects graduated from Bugs Bunny to Sheena of the Jungle and “playing footsie” with female classmates ... who would remain unattainable for the young Robert throughout his high school years.

After graduating from high school, Crumb moved to Cleveland, where he was hired by American Greetings, his first exposure to “corporate” life. As a greeting card artist, he was instructed to render his drawing as harmlessly “cute” as possible — something that would spill over into his later underground work, but with startling results. At this time, he met, and soon after, married, “the first girl (he) could get along with,” Dana Morgan.

Although to all outward appearances, Crumb seemed well and truly integrated into the “normal” existence that he had shunned as a teenager, he became more disillusioned with “the system” and the general dreariness of the 9-to-5 life. This began to change with Crumb’s introduction to LSD in the mid-’60s. In Crumb’s words, the psychedelic experience was “...indescribable, but afterward, you no longer feel a member of this accepted version of reality.” Apparently, the version of reality Crumb had begrudgingly accepted until this point suddenly became unacceptable, as in January of 1967, after talking with some friends in a Cleveland bar, he decided to drop everything — literally — and join them on their journey to San Francisco.

The “Summer of Love” did seem to live up to its much-romanticized reputation for R. Crumb — at least for a while. The gentle anarchy of Haight-Ashbury combined with his experiments with hallucinogens caused Crumb’s talent to blossom in ways not even he could have imagined. With his inhibitions not so much relaxed as demolished, Crumb felt himself free to create the cartoon universe that would redefine the art of comics forever.

Robert CrumbIn the years 1967-1971, odd little magazines that certainly looked like the average, normal, all-American comic book began to appear in the kind of shops frequented by denizens of the “counterculture.” With ZAP Comics #1, the underground comic book was officially born. It would be followed by titles like Despair, Big Ass, Motor City Comics and Mr. Natural, and Robert Crumb would be, for the first time in his life, “accepted.” In truth, not only accepted, but downright hip.

Crumb’s cartoons became hip in their own right — Mr. Natural, Angelfood McSpade, Flakey Foont, and most especially, the hedonistic anthropomorphic version of Crumb’s childhood pet, Fritz (a cat), would become cult icons. Fritz, however, would fall into the clutches of animator Ralph Bakshi, who had virtually steamrolled over Crumb to secure the film rights to Fritz the Cat — which became a box office hit, but Crumb was so repelled by the film that he decided to assassinate Fritz in The People’s Comics soon after.


Further disillusionment would come in the wake of popularity of the phrase “Keep On Truckin.” Birthed in the pages of ZAP, “K.O.T.” proliferated, adorning everything from bumper stickers to T-shirts to buttons, etc., etc ... it was the perfect commodity for a culture with a taste for catch phrases. It would prove a litigious nightmare for Crumb, as attorney Albert Morse took it upon himself to file 18 copyright infringement actions on Crumb’s behalf over the “ownership” of three words. “Keep On Truckin” was judged to be Public Domain, and will very probably, as Crumb says, “...follow me to the grave.”
Crumb’s growing disillusionment would be further exacerbated by a $20,000 bill from the IRS for back taxes (the debt would eventually be paid, through contributions and the selling of publishing rights to Germany). One bright spot, however, would be Crumb’s meeting cartoonist Aline Kominsky, whom he would marry in 1978.

Crumb would later refer to the ’70s as his “lost decade,” but some of his most memorable work was produced at that time, particularly in the magazine Arcade, edited by fellow underground veterans Bill Griffith (Zippy the Pinhead), and Art Spiegelman (Maus).

Crumb’s work at this time reflected the disenchantment and confusion felt by most who had “survived” the ’60s. His voluptuous, acid-inspired romps gave way to comparatively sober, introspective dialogues and biting indictments of American culture. Interestingly, Crumb insists he was just “floundering around” at this time. He would not feel his work was “back on track” until the birth of Weirdo, a magazine partly inspired by Arcade and partly by the work of the “new wave” of cartoonists, many of whom had been inspired by Crumb’s work, such as Peter Bagge (who would take over editorship with issue #10). Weirdo was considered an alternative even to the “alternative” at the time (the often “precious” RAW) and reaction to Crumb’s brainchild ranged from virulently negative to positive ... with reservations. Still, Weirdo gave artists such as Bagge, Dori Seda, Kaz, and Doug Allen their first “big breaks.”
Crumb’s feelings of disgust with American culture and values, which seems to have grown with the rise of ’80s neo-conservatism, precipitated his move to rural Southern France. He continues to reside there with wife Aline Kominsky-Crumb, and they raised their cartoonist daughter Sophie there until she moved out on her own. The details of his daily life there are revealed in Fantagraphics Books’ Self-Loathing Comics #2, released in 1997. A resurgence of interest in Crumb’s work resulted from Terry Zwigoff’s critically acclaimed documentary Crumb. Now, with international gallery showings and massive media coverage at the release of The R. Crumb Handbook, Fantagraphics’ 17th volume of The Complete Crumb Comics and Crumb Sketchbook Vol. 10, there is a rising awareness of Crumb in popular culture. Your Vigor for Life Appalls Me — a collection of Crumb’s personal letters spanning the late 1950s through the late ’70s, and offering a rare glimpse into the influences and experiences that shaped Crumb’s artistic development through his most formative years — is available from Fantagraphics as well.


www.fantagraphics.com
Texte : Fantagraphics book
illustration : Robert Crumb

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