Partager l'article ! L'outil digital pour l'artiste: Le médium digital est un défi, peut-être moins grand au niveau global mais dans un context ...
Je suis d'accord avec ce que vous exposez sur l'art digital. Oui, l'ordinateur et la souris ... ne
sont que des nouveaux outils comme le sont un pinceau, une toîle, un couteau, des collages ... L'outil ne fait pas l'art si la main qui le tient n'est pas guidée par un artiste ... qui sait
l'utiliser et surtout qui a l'âme créatrice.
Mais la difficulté à faire reconnaître l'art digital comme une discipline artistique n'est pas là.
Une toîle et un pinceau font une "oeuvre unique" en un "original unique".
Un ordinateur et une souris font une "oeuvre unique" mais pouvant produire (et non REproduire) des "originaux à volonté".
Il me semble que les désaccords entre les peintres traditionnels et les artistes utilisant les outils numériques se situent dans cette différence de la production d'originaux.
Nelly Rohel makes a good point but I disagree. I started thinking about these issues and I
apologize to Nelly for expanding it beyond her critique. Everything starts with the original, but the original what? Why should a handmade art object have more value, per se, than a
reproduced object. Although a painting is a unique piece of art, and a carved marble is a unique piece of art, much of the art that is shown and sold today are not unique pieces of artist
fabrication. The process of manufacture in all areas expands and yet narrows our options in individualizing what we make. Walter Benjamin identified this desire for uniqueness as the
"fetishized object". What that term means is that we worship the object, we idolize it. We imbue value to these objects because of commodity capitalism. The basis is individualism,
romanticism, and the cult of genius. Art separated from the rest of the world and now lives in isolation.
Objects that can be reproduced are not fetishized but can be owned by anyone. They are like information. If art can be equated with information, I do not want my information in the hands of a
few wealthy collectors. I would rather my work be in the homes of ordinary people. Are photographs unique pieces of work? Every time we see a great photo printed, even in a newspaper, we can
"get it", grasp that transformation of understanding. Why should our artistic identity be attached to works of art? In earlier times artists were not individuals but members of a collective
and did not need to stand out to find their identity. Even in the era of great classicism, the paintings of Ateliers were often the work of a large workshop of painters under the direction of
the master. Jeff Koons has never painted a painting or made a sculpture. He is a designer. He hires scores of artists at an hourly wage to paint or fabricate them. Warhols early pieces were
copies of manufactured products. His later works were copies of copies. The silkscreen paintings that were misregistered to give the appearance of uniqueness. How about prints? Silkscreens,
lithographic, copperplate, zincplate etc. It can be said that they are individual, but that is not true. Each print has to be perfect. The ones that are individual are often misprints and
discarded.
My position is that digital prints are the creation of a unique artist and not a unique object. The focus is not on object but the artist that made it. There is also a misunderstanding as to
hijacking or photoshopping of images. There are forensic analysts now who can tell how any digital print has been constructed and altered by analyzing pixels. My friend, whose work is on this
site, Peter Ciccariello, is a master of hyperrealism in digital prints. His work is fully digital. The images look ancient. When Gila Paris creates a digitally manipulated photograph it is
not like my work at all. Compare them. It is the unique vision that creates the artwork. The media and vagaries of technique and application are interesting but totally subsidiary to the
artist.
ici le commentaire ci-dessus en Français
Nelly Rohel fait une bonne remarque mais je ne suis pas d’accord. J’ai commencé à réfléchir sur cette problématique et je m’excuse chez Nelly d’aller directement plus loin que son critique.
Toute chose commence par l’original, mais l’original de quoi ? Pourquoi devrait un objet fait à la main avoir plus de valeur que, per se, un produit reproduit ? Même si une peinture est une
pièce d’art unique, et un marbre sculpté est une pièce d’art unique, beaucoup d’art offert et vendu aujourd’hui ne sont pas des pièces uniques de fabrication d’artiste. Le processus de
fabrication dans tous les domaines s’étend et pourtant limite nos options d’individualiser ce que nous faisons. Walter Benjamin identifie ce désir d’originalité (uniqueness) en tant qu «
’objet (dont on a fait un fétish ». Ce terme veut dire que nous faisons le culte de /adorons l’objet, nous en faisons un idole. Nous « imprégnons » ces objets avec une valeur à cause du
produit capitalisme. La base est l’individualisme, romanticisme, et le culte du génie. Art séparé du reste du monde et maintenant vit en isolation.
Des objets qui peuvent être reproduits ne sont pas des fétish, mais peuvent être propriété de tout le monde. Ils ont comme l’information. Si l’art peut être assimilé à l’information, je ne
voudrais pas avoir mon art dans les mains de quelques peu de collecteurs riches. Je préférerai que mes œuvres sont dans les maisons des gens ordinaires/normaux. Est-ce que des photos sont des
pièces uniques ? Chaque fois qu’on voit une photo imprimée, même dans un journal, on peut l’avoir, saisir cette transformation de compréhension. Pourquoi notre identité artistique serait
attaché aux oeuvres d’art? Auparavant les artistes n’étaient pas des individus mais des membres d’un collectif et n’avaient pas besoin de ressortir afin de trouver leur identité. Même dans
l’ère du grand classicisme les peintures des Ateliers étaient souvent le travail d’un large atelier de peintres sous la direction d’un maître. Jeff Koons n’a jamais peint une peinture ou fait
une sculpture. Il est un designer. Il engage une vingtaine d’artiste à un salaire d’heure à les peindre ou fabriquer. Les pièces du début de Warhol étaient des copies de produits
manufacturés. Ses œuvres après étaient des copies des copies. Ces peintures sérigraphie qui sont falsement indiquées / enregistrées afin de donner l’apparence d’originalité (uniqueness). Et
concernant les impressions sérigraphie, lithographie, plaque de cuivre, plaque de zinc etc. On peut dire qu’ils sont individuels, mais ce n’est pas vrai. Chaque impression doit être parfaite.
Celles qui sont individuelles sont souvent des impressions avec faute et abandonnées.
Ma position est que des impressions digitales sont la création d’un artiste unique et pas un objet unique. Le focus n’est pas sur ‘objet mais sur l’artiste qui l’a fait. Il y a une mauvaise
compréhension concernant la piraterie d’images ou le photoshopping. Il y a maintenant des analystes « forensiques » qui peuvent dire comment chaque impression digitale est construite et
altérée en analysant les pixels. Mon ami Peter Ciccariello, dont les œuvres sont à voir sur ce site, est un maître de hyperréalisme dans des impressions digitales. Son travail est
complètement digital. Les images ont l’air ancient. Si Gila Paris crée une photo digitalement manipulée cela ne ressemble pas du tout à mes oeuvres. Comparez-les. C’est la vision unique qui
crée l’oeuvre d’art. Le medium et les caprices de la technique et l’application sont intéressants mais complètement “accessoire” à l’artiste.
by frank
It seems to me that you are talking about to many different things at once that are not necessarely
related.
People are looking for something genuine, unique to replace something "divine". I've seen reproductions much better than their originals. Estetic is one thing, market value an other. I don't
know much about digital but as far as prints are concerned, you have to make a distingo between work done by printers or done entirely by artists.
. We are talking about blood sweat, sperm and tears. Whatdoes digital smell like? How will it face TIME ?
by sainteapoline
Effectivement, la question de l’acceptation de l’art digital comme création à part entière peut
générer une incompréhension. Même si l’outil numérique est devenu un composant accessible pour un plus grand nombre, il n’est pas encore perçu comme un simple outil ne servant que l’idée de
son utilisateur. Peut-être que cela s’explique par la rapidité de cet outil à évoluer dans des temps très court, et le distinguo à faire entre l’impulsion créative de l’artiste et le travail
de la machine pour réaliser cette impulsion. Mais en prenant un peu de recul, on peut s’apercevoir que ce n’est pas une facilité de production pour l’artiste. Les questionnements et les
recherches restent les mêmes. C’est toujours cette impulsion, ce besoin de raconter une histoire, une sensation ou même de poser des questions, qui prime.
L’histoire se répète. Avec l’apparition de la photographie, la polémique a été vaste. Pour beaucoup, ce n’était sûrement pas un outil artistique mais simplement une machine à reproduction.
Mais en même temps, quelques artistes ont vite compris que ce pouvait être un outil « supplémentaire » pour les aider dans leurs travaux, puis un outil artistique à part entière.
L’important réside donc bien dans la capacité à l’artiste de trouver l’outil qui lui correspond le mieux.
Car c’est celui-ci qui deviendra le meilleur langage entre le créateur et son œuvre.
by
Zammit